Bossez à l'Ouest !

Au printemps, les Bretons vous ont surpris, amusés sans doute, avec leur enthousiasme à démultiplier la créative campagne du Conseil Régional : « Passez à l’Ouest »…

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Pourquoi un Club TGV ?

Les Clubs TGV sont destinés à préparer les acteurs territoriaux aux évolutions qu'entraîne la mise en service...

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Actualités

Les quatre Clubs TGV bretons sont en place. Les travaux thématiques sont engagés localement, n'hésitez pas à y contribuer

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Maryvonne Le Roch-Nocera

Le TGV ne doit pas être un outil à faire partir, mais surtout un outil à faire venir !

Lorsque la SNCF nous a proposé de travailler à « inventer la vie qui va avec TGV », nous avons tous partagé le constat que l’effet TGV n’est pas un coup de baguette magique. C’est une ambition qui doit permettre d’optimiser les opportunités créées mais également de prévenir les risques éventuels. Bref, de travailler en amont et d’en tirer le meilleur profit pour tous les acteurs du territoire. C’est dans cet esprit que l’équipe d’animation du Club TGV Morbihan s’est constituée avec Frédéric Jayot (Parc de Branféré/Fondation Nicolas Hulot), Stéphane Gerveau (La Poste), Hervé Cuvelier (VIPE Bretagne et les technopoles) et Jean-René Dufief (Dufief Assurances à Lorient) sans oublier le soutien de la CCI du Morbihan. Depuis le départ, nos travaux se sont ouverts à tous les décideurs qui le souhaitent, pour y apporter leurs expertises, leurs projets, leur temps, leur capacité de mobilisation et de diffusion d’information.

Tous les secteurs d’activité sont susceptibles de bénéficier de l’effet TGV. Mais il faut que les chefs d’entreprise et les décideurs publics, et privés aillent au-delà du bénéfice confort/gain de temps. Il s’agit de se poser la question plus large : « quelles opportunités cette nouvelle offre peut-elle apporter à mon entreprise ? ». L’exercice est exigeant car il faut creuser plus loin que les premières réponses évidentes : minutes de sommeil supplémentaires ou heures de travail en plus ! Oui, nous le savons, l’effet TGV, c’est bien plus que des allers-retours avec Paris.

Au départ, les participants aux réunions du Club TGV Bretagne Morbihan étaient plutôt des décideurs privés, chefs d’entreprise et cadres. Rapidement des représentants des services des collectivités nous ont rejoints. Les élus participent également à nos réunions très régulièrement, pour échanger sur leurs projets. C’est une structure totalement informelle, sans budget, sans locaux, sans autres moyens que ceux que les participants y apportent volontairement. Et c’est précisément cette façon très originale de travailler qui fait notre succès : un groupe vivant de femmes et d’hommes de bonne volonté, sans esprit revendicatif et avec une grande envie de travailler ensemble, qu’ils soient issus du privé ou du public, de grandes entreprises ou de toutes petites structures.

Cette méthodologie très originale a été particulièrement féconde dans le Morbihan car elle correspond totalement à notre culture d’entrepreneurs et à la structure de notre territoire : nous n’avons pas de métropole, mais des villes moyennes qui s’équilibrent et se complètent. Et qui favorisent l’agilité. Le Club TGV Bretagne-Morbihan a été lancé début 2013 à Auray. Et nous avons commencé nos travaux par une
journée de créativité organisée aux Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, à l’invitation du Général Windeck, qui avait accepté de rejoindre l’équipe et de porter les sujets d’enseignement supérieur et de formation professionnelle.

Ensemble, nous nous sommes posé la question suivante : « dans mon domaine d’activité, que va changer l’offre Bretagne à Grande Vitesse (le TGV mais aussi l’offre TER) ? ». Et à l’issue de cette journée, nous avons structuré quatre champs de travail : les mobilités et la diffusion de l’effet TGV, l’attractivité économique, le tourisme et la formation. Pour travailler aux mobilités et à la diffusion de l’effet TGV, nous sommes partis du constat que ce qui compte vraiment, au-delà des minutes gagnées avec le trajet TGV, c’est le temps de transport complet, de porte à porte, et les services dont on bénéficie pendant tout le voyage. Qui est, en train, un temps de voyage utile.

…l’effet TGV, c’est bien plus que des allers-retours avec Paris

Nous avons également fait connaître et contribué au développement de nouvelles applications qui permettent de mieux connaître et d’utiliser toutes les offres de mobilité, avant et après le voyage en train. Car nous avons la chance d’avoir, en Bretagne, le système d’information du Conseil Régional BreizhGo, qui partage ses données avec la SNCF (un des succès du Club TGV), ce qui facilite l’utilisation des transports collectifs, et demain d’offres privées. Et puis nous avons permis de développer des offres originales qui facilitent le « dernier kilomètre », et ce n’est que le début !

En ce qui concerne l’attractivité économique, nous avons, là encore, réalisé une démarche très participative avec des décideurs de tous les secteurs économiques morbihannais, pour définir des messages partagés qui valorisent les atouts de notre territoire. Ces messages ont ensuite été pris en compte par les organismes officiels chargés du marketing territorial, et nous les retrouvons dans les campagnes sorties au cours des derniers mois, en Bretagne ou à Vannes, par exemple.

Pour le secteur du tourisme, la nouvelle offre TGV est une formidable opportunité, en particulier pour les courts séjours. Mais là encore, il n’y aura pas de coup de baguette magique car nous sommes en concurrence avec d’autres destinations, en Bretagne et surtout ailleurs.

C’est pourquoi, naturellement, nous avons activement participé aux travaux « En Bretagne sans ma voiture » portés par Tourisme Bretagne, en formulant d’ailleurs ce slogan dès les premières réunions. En effet, nous avons voulu être pragmatiques. Et plutôt que de poursuivre l’idée du « sans voiture », et même si nous privilégions les déplacements doux dans les offres que nous encourageons, nous avons considéré que, même avec une voiture (de préférence électrique) pour les trajets locaux, un trajet en train vaut mieux, en termes écologiques, qu’un trajet complet en voiture depuis Paris. D’où la promotion des nouvelles solutions de location de véhicules, comme les OuiCar proposées en weekend par la SNCF.

Car le pragmatisme, c’est aussi ce qui caractérise nos travaux. Nous ne sommes pas dans des luttes de pouvoir, nous voulons faire avancer les projets. Alors, nous trouvons des solutions pratiques – peu importe qui les porte dès lors que notre territoire, ses visiteurs et ses entreprises en bénéficient.

Bien sûr, le nautisme peut profiter de l’effet TGV. Nous avons d’ailleurs initié un travail collaboratif pour faciliter la venue des plaisanciers en train, avec des offres de mobilité jusqu’à leur bateau, et des services de conciergerie (comme les courses d’alimentation) afin qu’ils profitent pleinement de leur séjour. Des ports comme Le Crouesty ou La Trinité pourraient en profi ter grandement ! D’autres initiatives analogues sont d’ailleurs en cours dans d’autres départements bretons et la CCI Bretagne contribue à leur structuration.

Le pragmatisme, c’est aussi ce qui caractérise nos travaux. Nous ne sommes pas dans des luttes de pouvoir, nous voulons faire avancer les projets.

Dans le même esprit, nous avons imaginé avec la SNCF, la Poste et des acteurs privés un « package » de services pour encourager les propriétaires de résidences secondaires à venir plus souvent en week-end.

Au-delà du secteur touristique, beaucoup peuvent aussi profiter de l’effet TGV. Les établissements d’enseignement supérieur, qui sont en concurrence nationale, doivent intégrer cette amélioration des services ferroviaires dans leur offre pour attirer des étudiants et des enseignants qui pourront plus facilement voyager le week-end, pour rentrer chez eux ou faire venir leurs amis. Car le TGV ne doit pas être un outil à faire partir, mais surtout un outil à faire venir ! Le TGV est aussi un des atouts pour toutes les entreprises, pour recruter des talents et renforcer leurs implantations morbihannaises. C’est une opportunité formidable pour notre tissu de PMI/PME.

Enfin, nous portons le projet de la gare TER Centre Bretagne qui permettra de diffuser l’effet TGV à partir de la gare TER de La Brohinière. Car avec le TER cadencé qui sera mis en place en même temps que le TGV, il sera beaucoup plus pratique, pour les habitants du Centre Bretagne, de prendre une correspondance TGV sur le quai à Rennes que de subir les difficultés d’accès à la gare aux heures de pointe. Cela permettra d’irriguer l’activité des entreprises du secteur, en facilitant l’accès de leurs visiteurs.

Et je suis ravie de voir que, dans le domaine du tourisme, aussi, la Bretagne centrale saisit l’opportunité de l’effet TGV : l’office du tourisme de Pontivy a déjà développé des idées de séjours « sans ma voiture ». Un séjour bien-être à Pontivy, des séjours découvertes autour du lac de Guerlédan en randonnée ou en vélo électrique, ou encore une randonnée à vélo de quatre jours sur les bords du canal de Nantes à Brest. Et par-delà ces offres touristiques, nous devons encore travailler à promouvoir tous les talents du Centre Bretagne, dans tous les domaines de l’économie.

Maryvonne Le Roch-Nocera, Présidente du Club TGV Morbihan Adhérente Intermarché

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